26 octobre 2021

Berserk – Kentaro Miura – Ma découverte et mon hommage

Je l’avoue – Je ne connais rien au monde du manga et je n’avais jamais lu Berserk.

En dehors de quelques classiques comme Akira de Otomo (pour lequel j’ai déjà écrit un article) et the Ghost in the Shell que j’avais adoré plus jeune, J’ai toujours esquivé les mangas. Et pourtant, ce n’est pas faute d’y être exposé. Chez mon libraire en tête de gondole, sur les blogs que je lis, sur les réseaux sociaux que je survole. De vrais fans partagent leur lecture, leur coup de coeur et parfois même recoupent leur univers avec celui des comics et de la bande dessinée classique. Il a fallu la médiatisation de la mort de Senseï Kentaro Miura pour que je m’attarde sur Berserk. Les puristes vont probablement conspuer mon ignorance de cette oeuvre monumentale. Pour être complètement transparent, je travaillais à l’écriture d’un billet sur un de mes illustrateurs préférés – Geof Darrow. Et celui ci est soudainement sorti de son sommeil virtuel pour rendre hommage à l’inattendue disparition de Miura.

Ma découverte de l’univers de Berserk

Je n’explique pas la raison de mon absence d’intérêt pour ce genre. J’adore la BD en général et devrait être plutôt perméable à la mixité des cultures étant moi même le produit d’un mélange. (Europe / Etats Unis.) Je pense que le manga est beaucoup plus populaire en Europe qu’il ne l’est aux Etats Unis. Les chiffres ne vont pourtant pas dans mon sens. Je ne sais pas si cette impression vient de l’extrême dominance du comics. Je n’ai pourtant pas ressenti la même ferveur outre atlantique que sur le vieux continent. Plus jeune, à part quelques animés qui avaient percé, le seul véritable manga qui m’avait mis une claque était Akira. Je me vois encore attendre religieusement la sortie de chaque volume et relire coup sur coup chaque épisode afin de m’imprégner du moindre détail. Otomo est un génie et toutes les expositions successives à l’univers manga après Akira m’avait paru fade. Vous pouvez maintenant me flageller…

Le premier volume d’une longue série

Couverture du premier volume de Berserk - Guts en couleur - Glénat

Devant tant d’hommages rendus et de pixels élogieux, je me suis procuré le volume 1 de Berserk par Kentaro Miura chez Glénat. Pour lecteurs avertis.

Et, j’avoue, c’est la première fois que je commence une BD par la dernière page… Il m’a fallu un temps d’adaptation à la lecture (la question ne s’étant pas posée avec Akira chez Glénat). L’image que j’avais du manga était celle que transpiraient certains critiques de comics. Le manga nous livre quelques petites culottes japonaises entre romance et bromance adolescentes avec l’occasionnelle scène de violence. Comprenez ma surprise à l’ouverture des premières pages quand je trouve la phrase : « je t’ai bien niqué, mon mignon ! ». Une petite planche illustrant une scène de demi molle entre un personnage au bras bionique et une femme se transformant en démon… Sans culotte japonaise… M’aurait on menti ?

L’auteur de Berserk – Kentaro Miura

Photo de Kentaro Miura l'auteur de la saga Berserk- Wikipédia

Avant de m’acheter le premier volume, j’avais fait une première recherche sur l’auteur Kentaro Miura (11 Juillet 1966 – 6 Mai 2021). Dire que celui ci était précoce dans son art est une évidence maladroite tant ces biographes ne cessent de le rappeler. Cependant ce qui m’a immédiatement frappé, c’est la mobilisation des auteurs du 9ème art – tout genre confondu – rassemblés dans une profonde tristesse commune à l’annonce soudaine de la mort d’un des auteurs de manga les plus prolifiques.

En découvrant ces hommages, je découvre aussi ses dessins, son impressionnant coup de crayon, et évidemment son travail de l’encre dans des détails de texture absolument fascinants. Je découvre qu’il travaille sur Berserk depuis plus de 30 ans, un total de 40 volumes (en tout cas, chez Glénat – J’ai trouvé un total de 40 volumes) pour une commercialisation de 50 millions d’ouvrages (dont 7 millions aux US – comme quoi ma perception du manga aux US…). J’ai alors compris qu’il y avait une légion internationale de fans attristée par la perte de ce génie.

Le personnage principal – Guts

Guts attaché et torturé - Berserk chez Glénat

Dès ma découverte du personnage, Guts m’a fait penser à Dante de Devil may Cry – Un jeu que j’avais vu passer il y a bien longtemps sur Playstation (jamais été trop fan non plus…). J’y ai aussi vu des ressemblances avec Conan le Barbare et Castlevania, une série sur Netflix pour laquelle j’avais pris de l’intérêt en apprenant que Warren Ellis y avait collaboré. Personnage énigmatique si il en est, le premier volume de la série nous fait découvrir un guerrier torturé dans une quête qui n’est pas encore formulé. Les dialogues sont courts, l’interaction est brève. J’ai d’abord été surpris avec le language : je ne sais pas si la traduction faite par David Deleule est correcte ou si le language est commun à tous les mangas mais le ton me semble parfois immature (« faut qu’il arrête de s’agiter comme un asticot, aussi ! » …). Venant de guerriers à moustache, ça choque. Est ce le ton habituel des mangas ?

L’action et le mouvement

Guts muni de son épée , concentré et prêt à attaquer - Berserk chez Glénat

Le choix des armes est très interessant. Un sabre phallique plus grand et lourd que son propriétaire, une arbalète intégrée au bras amélioré de Guts. Tous ces éléments semblent être capitaux même si le 1er épisode ne nous donne pas encore toutes les clefs.

Je sais que cette saga a donné naissance à des animés. Je vais pour le moment m’en tenir au manga. J’ai beaucoup aimé le dessin du premier volume, ai été déçu par le ton du dialogue mais suis heureux de trouver un héros peu bavard et de la castagne. Je veux lire les 4 premiers volumes pour m’imprégner de la trame et prendrais une décision quant à l’achat de la suite. J’attends avec impatience les batailles entre Guts et Griffith que certains qualifient de rencontres philosophiques. Les thèmes d’isolation, de camaraderie, d’humanité dans le rapport au bien et au mal vont probablement me saisir si il sont à la hauteur du coup de crayon. Car, en effet le dessin de Miura et notamment son travail du relief sont formidables. De plus mes amis m’assurent que le dessin s’améliore avec le temps (on peut imaginer que 30 ans ont permis à l’auteur de peaufiner sa technique…).

En conclusion

Je le rappelle, Berserk n’est pas à mettre entre toutes les mains. Adultes Uniquement. Par contre, si vous êtes un novice du genre comme moi, donnez une chance à ce dessinateur reconnu dans le monde entier pour son génie. Et si vous connaissez déjà ou que vous êtes un fan, cette article ne vous aura probablement pas appris grand chose mais je vous encourage à motiver ces lectures. Laissez des commentaires ! Je compte sur vous, passionné, pour apporter toutes les informations nécessaires à la comprehension d’une histoire dense et intense ! Un court hommage pour la découverte d’un grand homme parti trop tôt.

De préférence en Librairie ISBN #978-2344020685 ou sur Amazon :
Berserk – Kentaro Miura – Tome 1


Credit & Images : Glénat

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